Un bilan positif pour Qualité de l’Air en 2015

 

Comme chaque année, le Commissariat Général au Développement Durable a publié le bilan de la qualité de l’air en France début novembre. Ce bilan a été réalisé à partir du système de surveillance mis en place en région par des associations agréées de surveillance de la Qualité de l’Air et centralisé par Le Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air.

La qualité de l’air s’est améliorée ces 15 dernières années avec à la fois une baisse des émissions de polluants et  diminution des zones concernées par les dépassements des normes européennes pour la protection de la santé.

Qu’est-ce que la pollution de l’air extérieur ?

La pollution est liée à des gaz ou des particules fines qui ont un effet néfaste sur la santé et l’environnement.

Les effets de la pollution sur la santé peuvent se manifester à court ou long terme par des affections bénignes comme la fatigue ou des irritations des voies respiratoires et de la peau ou par des maladies plus graves voire mortelles comme des cancers ou des maladies  cardiovasculaires.

Les effets sur l’environnement se manifestent par des phénomènes d’acidification de l’eau ou des sols ou des pertes de rendements agricoles.

La liste des polluants sous surveillance sont données par exemple pour la région Provence Alpes Côtes d’Azur sur le site d’Air PACA.

Les émissions de la majorité des polluants sont en baisse depuis 2000 comme le montre ce tableau :

 

    2000-2015 Provenances Causes
Dioxyde de soufre SO2 ↓74% Industrie ·       Utilisation de combustibles moins soufrés

·       Développement des ENR

·       Mise en conformité des installations

 

Oxydes d’azote NOx ↓ 47% ·       Procédé de combustion

·       Transport

·       Equipement pot catalytique

·       Renouvellement du parc

·       Normes européens plus exigeantes

Particules fines <10µm PM10 ↓ 39% Industrie ·       Amélioration des performances des dépoussiéreurs

·       Fermeture de mines

Cadmium Cd ↓ 80% ·       Industrie

·       Incinération des déchets

·       Diminution de l’utilisation

 

La diminution des oxydes d’azote est une bonne nouvelle. Elle se produit malgré augmentation du trafic autoroutier. La diminution d’autres polluants liés à l’industrie peut être imputée à la diminution de la production industrielle.  Mr Julien Vincent du CITEPA* avait donnée cette explication lors d’une interview aux Echos en Septembre 2014 sur la baisse des émissions des gaz à effet de serre .

La diminution des émissions ne signifie pas obligatoirement diminution des concentrations. Beaucoup de polluants peuvent être liés à des réactions chimiques qui dépendent des conditions atmosphériques comme la chaleur, la lumière ou l’humidité, comme pour l’ozone ou certains composés organiques volatiles.

Le non respect des normes européennes

La figure suivante montre les agglomérations ayant des dépassements des normes pour la protection de la santé et polluants. Les polluants les plus représentés sont l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10). Les grandes agglomérations (> 250 000 habitants) sont, en général, les plus impactées. Ces dépassements concernent essentiellement les dioxydes d’azotes dus au trafic routier et ont lieu en hiver lorsque les conditions météorologiques limitent la dispersion des polluants. Les dépassements de concentrations de particules fines ont lieu en hiver avec la combustion de bois et de déchets agricoles ainsi qu’au printemps avec l’augmentation de l’activité agricole. On a également observé des phénomènes d’ampleurs nationales dus aux poussières telluriques venues d’Afrique (sables du Sahara) en mai 2014 ou à des éruptions volcaniques comme celle du volcan islandais Bardarbunga en septembre 2014.

Par contre, le nombre de dépassement de concentration d’ozone n’a pas diminué, et contrairement à ceux pour les dioxydes d’azote et les particules fines, les zones impactées sont les petites (< 50 000 habitants) et moyennes agglomérations (entre 50 000 et 250 000 habitants). Ces dépassements se produisent d’avril à septembre pendant les périodes de fort ensoleillement.

En Europe

10 pays européens comme la France ont des difficultés à respecter les normes européennes. A sa tête, on retrouve l’Allemagne. Ces dépassements s’expliquent très probablement par sa production industrielle importante (pour les COVNM, Composés Organiques Volatiles Non Méthanique) et à sa production énergétique au charbon (NOx). Les émissions d’ammoniac (NH3) sont issues majoritairement de l’agriculture avec les effluents d’élevage et l’épandage de fertilisants minéraux.

*CITEPA : Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique, organisme chargé par le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer de comptabiliser toutes les émissions de GES et de polluants atmosphériques.

 

 

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